mercredi 3 septembre 2014
Que peut faire la France des deux Mistral non livrés à la Russie ?
La suspension annoncée ce mercredi soir par l'Elysée n'est pas encore une annulation. Mais si elle se confirmait, l'Etat se retrouverait face à un casse-tête commercial et financier.
Cette fois, la menace n’a plus rien de fantôme. Prenant acte d’une situation en Ukraine qualifiée de "grave", l’Elysée a annoncé mercredi 3 septembre à l’issue d’un conseil de défense la suspension de la livraison à la Russie du premier porte-hélicoptère de type Mistral, le Vladivostok, prévue en octobre ou novembre prochain. Le communiqué de la présidence est clair : "Malgré la perspective d'un cessez-le-feu qui reste à confirmer et à être mis en œuvre, les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC [Bâtiment de projection et de commandement, NDLR]" à la Russie "ne sont pas à ce jour réunies".
Lundi 1 er septembre, le ministre de la Défense ,Jean-Yves Le Drian, avait pourtant encore botté en touche depuis le salon polonais de la défense MSPO, assurant que la question de la livraison ne se poserait qu’en novembre et que la décision serait prise en lien avec le quatrième paquet de sanctions contre la Russie étudié à Bruxelles. Mais la position française était devenue difficilement tenable à la veille du sommet de l’OTAN au Pays-de-Galles.
Les alliés américain, britannique, allemand ou polonais avaient fait part de leur opposition totale à la livraison des deux navires. Et la question des Mistral pollue les relations franco-polonaises, alors même que la France vise plusieurs énormes contrats en Pologne (70 hélicoptères de transport, 36 hélicoptères d’attaque, trois sous-marins et des systèmes de défense antimissile).
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