jeudi 4 septembre 2014

La fin de l’histoire, qu’ils disaient… Pourquoi, 25 ans après, l’Occident est pétrifié face aux défis qui se posent à l’Otan

Soixante chefs d'État et de gouvernement, dont Barack Obama et François Hollande, participent ce jeudi 4 septembre au pays de Galles à un sommet de l'Alliance atlantique sous tension, dominé par les ­crises en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Libye. De quoi remettre en cause la théorie de la fin de l'Histoire. L'Otan n'a pas su renouveler sa vision géostratégique et politique, héritée de la Guerre froide, ni s'adapter au monde multipolaire actuel. La très optimiste théorie de la "fin de l'histoire" de Francis Fukuyama s'est finalement révélée irréaliste, utopiste et même dangereuse. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe a enteriné son rôle de puissance pacifique, sous protection des Etats-Unis. En abandonnant l'Etat-Nation pour l'Etat-Providence, les pays d'Europe se sont enfermés dans une culpabilité naivé malgré les menaces. L'attentisme pacifique de l'Europe augmente les risques de conflits, de sa désintégration et de sa disparition de la scène mondiale. Atlantico : Aujourd’hui débute à Cardiff au pays de Galles, le sommet de l’Otan, qui devrait notamment aboutir au lancement d’un plan de réactivité militaire en Europe de l’Est et à l'adoption de sanctions économiques supplémentaires contre la Russie. Alors que les conflits se multiplient et que la menace terroriste n’a jamais été aussi grande, le rôle et l’action de l’Alliance atlantique, ainsi que l’évolution qu’elle a connue, sont-ils à la hauteur des enjeux actuels ? Alexandre Del Valle : Clairement non. Depuis la fin de l’ex-URSS, l’Otan a raté une occasion extraordinaire de se réformer et de s’adapter au monde de l’après-Guerre froide. Malheureusement, après la chute du Mur de Berlin et la naissance de la nouvelle Russie post-soviétique, qui au départ voulait se rapprocher de l’Occident, l’Otan a répondu à cette demande par une fin.

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