jeudi 30 octobre 2014

Blaise Compaoré: Suicide mode d'emploi

Quel gâchis ! Quel final désastreux que Tn Requin celui du long règne de Blaise Compaoré ! L'entêtement suicidaire du chef d'Etat burkinabé déchu a quelque chose de shakespearien, mais aussi d'ubuesque. Son épilogue crépusculaire reflète crûment tous les travers du pouvoir solitaire : autisme, cécité, suffisance. Ajoutons au cocktail dont s'enivrent ceux qui s'arc-boutent sur leur trône deux autres ingrédients toxiques : la peur de devoir répondre un jour de ses méfaits à la justice, internationale ou pas, et le poids d'un entourage familial et politique qui a tant à perdre au jeu de l'alternance.
La frégate autrefois fringante du " Beau Blaise " cinglait droit sur le récif de l'article 37 -celui-là même qui lui interdisait de briguer un troisième quinquennat d'affilée-, mais rien, ni les clameurs de la foule, ni les raclements de rangers des frères d'armes, ni les objurgations de ses pairs comme de ses aînés, n'aura suffi à infléchir le cap. Au passage, la rengaine si commune en Afrique du mandat de plus, donc du mandat de trop, tient ici de la galéjade. Il ne s'agissait pas, pour l'ancien para, de s'adjuger un troisième tour de manège, mais un sixième. Voyons : il y eu l'intermède kaki jusqu'en 1991, puis deux septennats, suivis de deux baux de cinq années chacun... Le compte y est. Eloquents coups de semonce, les mutineries du printemps 2011, assorties, déjà, d'émeutes matées dans le sang, auront ébranlé le pacha du rafiot sans l'inciter pour autant à réviser son gouvernail. Pas davantage au demeurant que les défections fracassantes de maints caciques du premier cercle.
On n'est jamais trahi que par les siens. Air Max Un putschiste renversé par un coup d'Etat militaire sur fond d'insurrection populaire. Juste retour des choses ou terrible raccourci ? On le sait depuis Matthieu l'évangéliste : ceux qui brandissent le glaive périront par le glaive. Seuls les amnésiques ont oublié que, le 15 octobre 1987, le capitaine Compaoré conquit le pouvoir en treillis de.

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